
Au jour le jour
À nouveau cette année, des élèves du Collège Saint-Hilaire vivront une expérience inoubliable de partage durant quatorze jours. Dix-neuf jeunes s’envoleront vers le Sénégal afin d’aller y enseigner les mathématiques et le français aux enfants de deux écoles primaires de Dakar.
Suivez leur aventure!
Parmi le groupe, trois d’entre-eux ont accepté de jouer le rôle de correspondants et ils nous livreront leurs impressions durant le séjour jusqu’à leur retour.
Dans l’ordre habituel : Sarah Malo, qui en est à son deuxième séjour, Sophie Labrecque et Vincent Dubuc.
Suivez les au jour le jour!
Vous avez des questions ou des commentaires à leur adresser?
5 mars
Déjà la fin!
Est-ce possible?
En tout cas moi je n'y crois pas! Deux semaines déjà. Deux semaines à aider de jeunes Africains en difficulté scolaire. Bref, de la joie a son état pur!
La séparation a été difficile tant pour eux que pour nous. Il n’est pas simple de décrire toutes les émotions que nous avons vécues en une seule journée, mais penser que nous laissons les enfants ici est très difficile pour nous. De plus, la cérémonie de remerciements qui nous a été dédiée a été un moment très marquant. Tout le protocole qui lui est relié et la présence de tous les enseignants l’a rendue vraiment unique à nos yeux.
Cette expérience a été des plus instructives et je crois que tous et toutes ont su tirer leur épingle du jeu.
Sarah Malo
3 mars
Toute une expérience!
Ah ce cher Sénégal!
Tout le monde est accueillant et chaleureux, on se croirait à la maison. Tout le groupe est maintenant familier avec le personnel de l’auberge : Doudou, Pépé, Dédé Chantal et bien d'autres. La routine est installée. Tous les soirs la correction, la préparation des cours pour le lendemain, les petites sorties pour aller magasiner...
Beaucoup de liens se sont tissés au cours de cette dernière semaine et demie. Il est difficile de s'imaginer que dans à peine quatre jours nous serons de retour au bercail.
Nous sommes également tous tristes a l'idée de devoir quitter les enfants que nous aidons, puisque ce que nous avons construit avec eux est unique. Il est certain que le fait qu'après deux semaines a manger, discuter et s'entraider, le retour a la réalité sera brutal.
Bref, on réalise que c’est toute une expérience ce que nous sommes en train de vivre!
Sarah Malo
1 mars
Enseigner, c’est toute une expérience!
L'enseignement est la raison principale du voyage, même si on en parle moins souvent!
Se retrouver à enseigner devant une classe de 10 jeunes, du jour au lendemain, c'est toute une expérience! Nous sommes arrivés dans les écoles avec pour seul bagage, l'exemple que nos enseignants nous donnent 180 jours par année et, pour certains comme moi, un été de travail dans un camp de jour. Mais être élève ou monitrice, c'est complètement différent que d'enseigner. Il est parfois difficile d’essayer d'apprendre le genre et le nombre, les soustractions ou la ponctuation à des élèves qui sont plus fascinés par «l’étranger» et la couleur de sa peau, que par la matière.
Mais on s'habitue et on reprend le dessus, tentant de donner des cours dynamiques et amusants pour ces élèves qui ont rarement l'attention de l'instituteur, puisqu'ils sont environ 60 par classe.
Plus les jours avancent, plus on s'attache à ces enfants qui on vraiment le désir d'apprendre et de comprendre. Les jeunes sont très motivés et apprécient qu'on leur donne beaucoup d'attention et qu’on prenne vraiment le temps de les aider et de corriger ce qu'ils font. La moindre petite parole d'encouragement peut redonner à l'élève l'énergie pour persévérer. De plus, si nous avons des élèves qui sont vraiment meilleurs que les autres, nous les présentons au directeur, qui va leur accorder une attention particulière et peut-être leur dénicher une bourse pour qu'ils puissent poursuivre des études après le lycée. C'est très motivant pour nous de savoir qu'on peut vraiment faire la différence dans la vie d'un jeune! En enseignant, nous apprenons aussi sur nous-mêmes et nous développons des qualités qui l’étaient moins à notre départ, comme la patience et la tolérance : des qualités requises ici.
Bref, c'est une expérience enrichissante qui nous marquera pour toute notre vie.
Sophie
28 février
« Je me souviens »Le week-end nous permet aussi de visiter un peu le pays et de s’adonner à des activités plus touristiques, choses qui pendant la semaine sont moins faciles à cause de notre horaire très chargé. Parmi nos visites, je me dois de mentionner notre après-midi passé sur le fabuleux site de l’île de Gorée.
A 2 km au large de Dakar et classée « Patrimoine Mondial de l'Humanité », cette île aux maisons coloniales du 18ième siècle est absolument somptueuse. Une simple visite des lieux est nécessaire pour s’apercevoir que l’endroit est empreint de quelque chose de spécial. La visite de la très émouvante « La maison des esclaves », dernière des esclaveries de Gorée, confirme effectivement le premier sentiment ressenti. Lorsque l’on sait que pendant trois siècles, des millions de noirs de toute l'Afrique ont quitté cette île pour l'Amérique et les Antilles et ce pour ne jamais revenir, il est difficile de ne rien ressentir ,surtout quand on apprend que toutes ces atrocités ont été perpétrées par gens de notre race. Le tout nous était cependant expliqué avec énormément de respect, plus dans l’optique que tous se souviennent afin de ne pas commettre les erreurs du passé, au lieu de culpabiliser ceux ayant commis de tels actes. Ainsi, nous avons pu apprendre que là où nous posions les pieds, des centaines d'hommes, femmes et enfants avaient été entravés et entassés dans de minuscules et sombres cachots, avant d'être embarqués sur un bateau en franchissant la porte du "voyage sans retour" dans lequel plusieurs allaient perdre la vie.
L’île fut aussi pour plusieurs l’initiation au marchandage, lequel est fondamental dans le mode de vie sénégalais. Quelques bons et moins bons coups ont été effectués, mais tous en retirent une expérience très satisfaisante et appréciée.
Finalement, cette île avec ses maisons aux façades multicolores, ses rues étroites colorées, son air salin on ne peut plus pur, a un je-ne-sais-quoi qui la rend vraiment spéciale.
J’aimerais conclure en disant que, dans le cas de l’île de Gorée, « une journée c’est pas assez »
En espérant vous faire rêver un peu
Vincent Dubuc
27 février
Apprendre à négocier!Cette fin de semaine, nous avons eu notre baptême de négociation! Nous sommes allés à l'île de Gorée et au marche HLM (marché de tissus). Nous avions été prévenus! Nous savions que les marchands seraient tenaces et insistants, mais jamais à ce point.
En débarquant du bateau à l'île de Gorée, nous avons été littéralement entourés par des marchands qui voulaient nous emmener dans leur boutique et nous vendre leurs produits!
La première vague de marchands franchie, nous avons été confrontés aux marchands ambulants, qui eux aussi, nous offraient bijoux et tissus en nous suivant partout!
Une pause s'est imposée pour établir notre budget et notre plan de match. Une fois l'exercice complété, nous nous sommes jetés dans la gueule du loup, prêts à marchander. La première fois que nous avons tenté de négocier, nous nous sommes fait complètement avoir. Magasinant avec Mme Maurice, qui ne négociait pratiquement pas, nous avons fait la joie des artisans acceptant leur premier prix.
Plus la journée avançait, plus nous prenions de l'expérience. A la fin de la journée les prix, durement négociés, étaient devenus presque raisonnables.
De retour à l'hôtel, nous nous sommes informés auprès des autres pour avoir des trucs pour mieux marchander nos achats. Notre visite au marché HLM fut donc plus facile. Négociant des boubous et des foulards avec brio, nous sommes rentrés a l'hôtel fiers de nos nouveaux exploits. La visite au marché Sumbédioum, mercredi prochain, fortifiera davantage nos aptitudes et nous permettra de nous livrer une fois de plus à ce sport national.
Sophie
24 février
Quelques photographies qui évoquent bien le contexte des trois écoles où nous intervenons. Des environnements différents, des élèves également différents d'une école à l'autre et pourtant, la même soif d'apprendre et de découvrir. Quelques scènes quotidiennes des écoles Colobane2, El Hadj Ibrahima Beye et de l'école Moussa.

24 février
DAKAR-24 février 2011-21H33Aujourd’hui, le premier « coup de barre »; l’énergie disponible en début de voyage vient de se dissiper. L’adrénaline et l’excitation des deux premiers jours qui, jusqu’à tout récemment, nous permettaient d’encaisser les effets de l’accumulation de fatigue sans broncher, ne font maintenant plus effet. Une fatigue générale vient de s’emparer de la grande majorité de notre groupe. Ainsi, à un réveil brutal, s’ajoute une irritabilité à son comble pour quelques uns des voyageurs et quelques malaises causés par la chaleur et le manque de repos. Donc, le mot d’ordre d’aujourd’hui : relaxation.
Malgré tout, la situation devient complètement différente dès que l’on met les pieds dans les écoles. Effectivement, devant les yeux brillants, les sourires éclatants et les regards avides de savoir, il est absolument impossible de ne pas se trouver, au plus profond de soi-même, une infime dose d’énergie pour assouvir leur soif de connaissance. C’est donc devant des élèves curieux et de plus en plus à l’aise avec les « Toubabs » (blanc, européen) que nous nous improvisons instituteur. Nous avons assez de succès même si les premiers contacts, dont j’avais mentionné la grande importance dans la première correspondance, n’ont pas tous été des plus chaleureux.
Grâce à une assurance grandissante et des liens de confiance qui se développent avec les enfants, on peut maintenant espérer pouvoir faire une petite différence dans l’éducation de ces jeunes, sans négliger de prendre soin de nous et, surtout, de relaxer.
Merci de me lire, mais maintenant c’est l’heure de dormir!
Vincent Dubuc
23 février
OUF!
Aussitôt arrivés, on plonge dans l'action! Le plus grand choc fut, je crois, pour les directeurs des écoles qui avaient vraiment l'air surpris de notre arrivée.
Nous avons alors réalisé que la logistique et l'organisation des classes seraient plus exigeantes que l'on croyait. Pourtant, malgré les problèmes, qui nous stressaient beaucoup, les gens de l'endroit semblaient rester calmes. Je crois que c'est l'une des choses qui m'a le plus surprise des sénégalais. Même si pour nous ça semble être insurmontable, eux gardent une attitude posée.
Je me suis demandée pourquoi ils ne s’en faisaient pas autant que nous. J'ai alors réalisé que c'est dans leur culture et ça m'a fait beaucoup réfléchir à la nôtre. Pour eux, le temps n'a pas la même valeur que pour nous. Ils prennent justement le temps de se parler, de relaxer, de faire les choses comme il le faut, peu importe le rythme autour d’eux, alors que chez nous tout doit être fait rapidement et efficacement, en laissant parfois tomber le coté humain des choses.
Plus les jours passent et plus on se rend compte a quel point notre monde est fermé. Nous vivons dans notre petite bulle sans trop penser à ce qui nous entoure, alors qu'on peut bénéficier du contact des autres cultures. On essaie d'imposer le modèle nord américain partout, alors que nous avons des choses a apprendre des autres. Je termine en disant que si on prenait le temps de prendre du temps, on réaliserait tout ce qu'on manque en essayant d'aller trop vite et de tout faire parfaitement.
Sophie Labrecque
22 février

Malgré un peu de retard a l'aéroport de Montréal et quelques incidents diplomatiques mineurs (maintenant réglés), nous sommes arrivés a destination sains et saufs! La ville est tout simplement magnifique. Les gens sont accueillants et la nourriture excellente.
Pourquoi parler de bordel organisé? Tout simplement parce que les piétons traversent l'autoroute en marchant, les autos qui coupent la voie aux autres et klaxonnent a tout bout de champ, les automobiles sont garées sur les trottoirs et les élèves dans les écoles sortent de leurs classe, parfois sans permission, pour nous regarder. Le plus beau dans tout ça, c'est que personne n'est offusqué et que tout le monde se respecte.
De plus, j'ai eu la chance d'aller au marché Castor pour acheter les fournitures scolaires. Les odeurs sont tellement diversifiées et l il y à tellement de choses a voir... Seulement une heure pour la négociation et l’achat de cahiers, crayons et règles... Bref ce fut très rapide. La choses qui m’a le plus étonnée c'est que le coût de notre ballade en taxi qui a été de seulement de 2 000 francs CFA ou 4$ canadiens. Une véritable fortune!
La température moyenne est de 30°C. Quotidiennement, les quelques heures où l'électricité fonctionne nous permettent de nous laver et de donner signe de vie au monde extérieur. Bref, ce furent les deux jours les plus formidables de mon année 2011.
Sarah Malo
19 février
Jour J-0 9H25 Plus qu’une dizaine d’heures avant le grand départ; la tension est à son comble, autant dans le camp des voyageurs que dans celui de leurs parents, mais certes pour des raisons très différentes. La perspective de s’envoler vers le grand continent africain excite ces premiers tandis qu’elle angoisse les seconds, mais tous conviendront que ce voyage suscite bon nombre d’attentes et d’appréhension.
De prime abord, il est bien important de rappeler que nous serons plongés, en sol sénégalais, à une réalité toute autre que celle que nous côtoyons ici au Québec. Que ce soit au niveau de l’alimentation, du rythme de vie, de la chaleur, l’accueil sénégalais ou des différences d’accents, il y aura inévitablement une période d’adaptation nécessaire. S’ajoute à cela, la fatigue accumulée lors du voyagement et le décalage horaire, tout pour assurer des premières journées fortes en émotion. Mais, rassurez-vous nous en sommes tous avertis et cela fait partie de l’aventure. À ce stade nous pourrons tester la véritable force de notre merveilleux groupe, en espérant pouvoir compter sur tous et chacun.
Deuxièmement, plusieurs, dont moi-même, s’accordent pour dire que le premier contact avec les jeunes est très important. Comment sera leur accueil ? Aurons-nous de la difficulté à nous faire comprendre? Parviendrons-nous à remplir nos objectifs d’apprentissage et faire une différence, aussi petite soit-elle, dans la vie de ces enfants? Toutes des questions auxquelles nous ne pourrons répondre avant d’être dans le feu de l’action.
Finalement, ce voyage promet de nous faire vivre son lot d’émotions et nous permettra d’ouvrir les yeux sur d’autres réalités de cette grande planète bleue.
Au plaisir de vous réécrire, in chā' Allāh (si dieu le veut).
Vincent Dubuc
18 février
Partir en voyage est une chose merveilleuse. Nous avons commencé le décompte à plus de 100 jours et maintenant on peut les compter sur les doigts d'une seule main! Pourtant, malgré le départ qui se rapproche de plus en plus, nous n'avons pas le temps de le réaliser. La charge de travail: l'étude, les devoirs, les projets à remettre et les examens à préparer avant le départ ne cessent de s'accumuler.
Un projet en monde contemporain, un examen d'économie, un autre en mathématique, le temps manque pour tout faire, mais nous y arrivons, car notre motivation est à son apogée! Notre départ imminent nous donne l'énergie et la détermination nécessaires pour accomplir tout le travail. Nos pensées se partagent entre l'étude, nos plans de leçons, pour Dakar, les projets et notre valise.
Plus les jours avancent, plus les délais se rapprochent et notre départ aussi! Bref, le stress et l'excitation sont à leur comble quelques heures à peine avant de partir, mais nous n'avons pas le temps de réaliser, car nous avons des millions de choses auxquelles penser!
Je crois que nous allons vraiment réaliser l'ampleur de ce qui nous arrive lorsque nous aurons un pied dans l'avion, samedi soir! D'ici là, place aux préparatifs de dernière minute!
Sophie Labrecque
18 février
Sénégal nous voici!Combien de jours reste-t-il? Tous vous répondront en chœur : plus qu'un! Dans nos yeux on peut voir de la fébrilité, de la joie et du stress. Cette nervosité vient particulièrement du fait que nous ne pouvons prévoir ce qui nous attend.
En effet, puisqu'il est difficile de savoir à l'avance ce que les étudiants auront à travailler, nous sommes en quelque sorte dans le néant, malgré la préparation reçue préalablement.
Malgré la fébrilité qui prend le dessus, nous sommes évidemment tous excités de faire les premiers pas vers ce pays presque inconnu. Je parle ici au nom de mes collègues et amis, puisque cette année sera ma deuxième année au Sénégal. Je ne peux nier ma nervosité ni ma joie de retourner dans ce pays si attachant. Puisqu'il s'agit de ma seconde expérience, je suis donc une ressource pour tous.
Je trouve amusant, quoi que normal, de voir mes amis extrêmement nerveux venir me poser des questions de tous genres. Comment faut-il s'habiller? Doit-on apporter notre étui à crayons? Comment est l'auberge? Et j'en passe! Tout ce qui me reste à dire serait que J'ai bien hâte de travailler avec eux et de remettre les pieds dans cette merveilleuse contrée!
Sarah Malo






Du 19 février au 6 mars, 19 élèves de 4e et de 5e secondaire et 4 adultes s’envoleront pour le Sénégal afin de poursuivre l’œuvre entreprise en 2008.